

Les violences basées sur le genre (VBG) et les violences conjugales demeurent un défi majeur pour la dignité, la santé et le développement des femmes et des filles dans la ville de Goma. Face à cette réalité, et particulièrement dans l’aire de santé de Mabanga, des actions concrètes se déploient sur le terrain pour déconstruire les mentalités et susciter un réel changement de comportement.
C’est dans ce cadre qu’un dialogue communautaire inclusif s’est tenu le 8 mai 2025 à l’Église CNCA (Réf : cabine Rutoboko). Portée par l’organisation APROBE, cette activité s’inscrit dans la mise en œuvre du projet « Tumaini ». Ce programme est exécuté par l’Église Anglicane de Goma en partenariat avec Cordaid, grâce au financement du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.
🎯 Transformer les normes pour rebâtir la cohésion
L’objectif de cette journée d’échanges participatifs était clair : transformer les normes sociales sexistes et prévenir les violences conjugales. En misant sur la communication non violente, le projet cherche à renforcer la cohésion familiale et à favoriser la réintégration socio-économique durable des survivantes de VBG.
Le dialogue a réuni un public diversifié de 45 participants, témoignant d’une forte mobilisation locale:
- 28 hommes
- 17 femmes
- Une participation active de personnes vivant avec un handicap (PVH), garantissant une approche pleinement inclusive.
🗣️ Au cœur des débats : Briser les tabous
Divisée en trois grands axes, l’activité a permis de libérer la parole autour de sujets souvent passés sous silence:
1. Normes sociales et violences conjugales
Les participants ont courageusement pointé du doigt les croyances ancrées qui perpétuent la violence, telles que la domination masculine au foyer, la banalisation des coups physiques, le silence imposé aux victimes ainsi que les mariages précoces et forcés. Les discussions ont permis de déconstruire pas à pas ces barrières culturelles.
2. Droits des femmes
Un rappel essentiel a été fait sur les droits fondamentaux des femmes : droit au respect, à l’éducation, à la participation aux décisions de la communauté et de la famille, et à la protection contre la violence.
3. Prise en charge des survivantes
Pour que la théorie laisse place à l’action, l’accent a été mis sur le circuit de référencement disponible à Goma. Les participants ont été outillés sur les différents types d’accompagnement existants:
- 🩺 Prise en charge médicale
- 🧠 Accompagnement psychosocial
- ⚖️ Assistance juridique
- 📞 Référencement vers les structures spécialisées
Le message clé : Signaler rapidement les cas de violences est la condition sine qua non pour garantir une meilleure prise en charge et sauver des vies.
📈 Des avancées et des défis à relever
Si la session a débouché sur une prise de conscience collective, une meilleure connaissance des droits et un engagement communautaire visible, le chemin reste parsemé d’embûches. Les équipes d’APROBE ont notamment relevé la persistance de certaines barrières culturelles, une faible implication de certains hommes et le manque de moyens logistiques pour étendre ces discussions à l’ensemble de la communauté.
📌 Les recommandations pour l’avenir :
Pour capitaliser sur ces acquis, les participants et organisateurs recommandent de:
- Multiplier de manière régulière ces espaces de dialogue.
- Impliquer activement les leaders religieux et davantage d’hommes.
- Soutenir matériellement et financièrement les structures locales de prise en charge.
En ouvrant la voie au dialogue au cœur même de Mabanga, le projet Tumaini et ses partenaires prouvent que la lutte contre les VBG commence d’abord par la parole et l’écoute mutuelle.